Actualités
Tous les éditos...
 
 

Le site s'ouvre enfin à la différence !
Samedi 25 février 2012

Depuis sa création en 2004, le site avait été développé pour fonctionner au mieux avec Internet Explorer, puis Mozilla Firefox.

Les technologies du web évoluant, le site a peu à peu évolué lui aussi, en passant de pages bricolées à la main, à un système plus automatisé adossé à une base de données et un moteur de recherche.
Avec cette version 3 du site, sont apparus des problèmes de compatibilité avec certains navigateurs, dont notamment Safari installé sur les Mac d'Apple. Tant pis, il était conseillé d'utiliser Firefox et tout fonctionnait.

Et puis est arrivé Chrome, le navigateur du bulldozer Google...
Nous l'avons longtemps sous-estimé il faut l'avouer, mais aujourd'hui on s'aperçoit qu'il constitue plus de 13% des visites du site, auquels il faut ajouter les 5% de Safari et les 1,5% d'Opera.
On ne pouvait plus laisser passer ça !

Nous sommes donc heureux de vous annoncer aujourd'hui la compatibilité totale du site avec les navigateurs Chrome, Safari et Opera.

Pour cela il a fallu retravailler complètement le menu de l'espace pédagogique qui posait problème. Désormais chaque catégorie s'ouvre sur la droite au lieu de s'ouvrir en dessous (voir ci dessous). Ça semble identique mais ça a demandé pas mal de travail pour en conserver l'aspect.

Sinon... ça ne change rien... Le site est toujours optimisé pour Firefox, et Internet Explorer donne un résultat toujours aussi moche. Tant pis pour les 34% d'utilisateurs (qu'est-ce que vous attendez pour passer à un navigateur moderne ?).

Bonne visite à tous, et un nouveau merci à ceux qui nous soutiennent.

Ressources du site
Mercredi 2 novembre 2011

Comme annoncé dans l'édito de rentrée, voici enfin après des années d'attente improbable, l'ouverture de la section CM1.
Ecole-primaire.org se lance dans le cycle 3 !

Pas encore beaucoup de matière mais un zoom particulier sur un gros travail de Christine et Patrick : une série de 18 dictées avec leur plan de travail associé, comprenant à chaque fois fiche du maître, fiche élève et corrigé.

Dans la section CP vous trouverez le début d'un énorme dossier sur l'étude du code, encore issu du travail titanesque de Patrick, composé des fiches 1 à10 et 11 à 20.
Le dossier en comporte plus de 100 au total. Ça va arriver petit à petit, mais les membres de l'asso. seront bien entendu particulièrement privilégiés au final. ;-)

Bonne reprise et bon travail à tous.


Sale temps pour le Mammouth
Dimanche 4 septembre 2011

A défaut d’une nouvelle ère glaciaire, en cette chaude rentrée, le Mammouth subit la foudre.

A coup d’électrochocs dignes de faire perdre l’orientation à n’importe quel pachyderme normalement constitué (programmes et instructions officielles qui changent tous les 4 matins, réformes qui succèdent aux réformes), après une cure d’amaigrissement à même de faire passer le régime Dukan pour un gueuleton au Fouquet’s (suppression de postes à la sauce comptable, coups de hachoir dans les budgets, salaires des fonctionnaires dans leur gelée), après un rasage intégral de la bestiole (des jeunes enseignants qui se retrouvent « à poil » devant leurs nouveaux élèves), il est à craindre si les maltraitances persistent, que le seul moyen de réanimer l’animal sera l’implantation de cellules souches, de celles qui reprennent tout à zéro pour faire du neuf avec des tissus abîmés.
Alors on pourrait légitimement s’inquiéter pour les millions d’éléphanteaux dont il a la responsabilité et dont le nombre augmente fortement cette année, mais malgré les barrissements toujours plus énervés et angoissés qui émanent de la bête, les vétérinaires de la clinique de Grenelle étant très confiants, il semble qu’il n’y ait aucun souci à se faire…

Quoi qu’il en soit, tout comme les enseignants en cette veille de rentrée 2011, ecole-primaire.org est prêt à entamer malgré le mauvais temps sa 7ème année d’existence.

Avec une nouveauté de taille : l’ouverture prévue de la section CM1 (probablement après le tourbillon de la première quinzaine de septembre).
C’était un projet déjà ancien mais sur lequel nous n’avions jamais trouvé le temps de travailler.
Aujourd’hui, les documents sont là et la base de données prête à les accueillir.
Y’a plus qu’à…

La deuxième information importante, concerne les membres de l’association.
Depuis sa création en 2006 et la mise en place du statut Premium en 2007, tous les comptes des membres sont toujours restés actifs jusqu’à maintenant, alors que les conditions stipulent que la période de validité du compte est de un an à partir de la date d’ouverture.
Ainsi, à compter du 1er janvier 2012, tous les comptes actifs depuis une durée supérieure à un an deviendront inactifs, comme cela aurait du être le cas depuis le début.
Il sera bien sûr possible de les réactiver en réitérant la procédure d’inscription, ou selon une procédure simplifiée qui sera détaillée en temps voulu.
Les membres peuvent consulter la date théorique de fin de validité de leur compte, dans l’espace membres.

Bonne rentrée à tous, bon courage et bonne visite du site.


Ressources du site et rentrée 2010
Dimanche 1er août 2010

Le mot de Patrick publié sur le forum :
"Ne cherchez pas ailleurs, les documents ne sont pas publiés (c'est une avant-première !!!)... ils trainaient sur mon disque dur depuis des mois et comme je n'ai pas le temps de finir la totalité de la méthode de lecture (et je ne sais pas quand j'aurai le temps un jour), je les offre sur le site aux membres de l'association.

Bon téléchargement (Attention ! Fichiers relativement lourds, vous comprendrez en les ouvrant !!
"

Il s'agit donc de 5 gros dossiers issus de la méthode de lecture Vocaligram dont Patrick est l'auteur (le tout conforme aux programmes 2008) et qu'il a décidé de mettre à la disposition des membres de l'asso.
Rien que ces 5 documents valent largement la contribution modique pour en devenir "membre bienfaiteur" :
- Une histoire sombre, très sombre (99 pages)
- Clown (70 pages)
- Bon appétit Monsieur Lapin (109 pages)
- Viens jouer avec moi, Petite souris (96 pages)
- Moi ma grand-mère (80 pages)

Ils sont téléchargeables ici, rubrique Nouveautés (uniquement pour les membres Premium).

Et toujours le très célèbre dossier de rentrée au CP qui frise les 40 000 téléchargements dans sa version 2008...

Bonne lecture, bonnes préparations (nous on sait qu'un enseignant travaille pendant ses "vacances"...), et bonne rentrée à tous.

Et n'oubliez pas de signer le livre d'or qui s'appelle chez nous "carnet de visites", ça ne coûte rien et ça fait toujours plaisir.
C'est ici : Carnet de visites.

     

  



Le printemps est arrivé (et c'est pas trop tôt !)
Mercredi 21 avril 2010

Enfin quelques nouveautés sur le site qui n'est pas à l'abandon même si les évolutions, les mises à jour et les ajouts de documents se font un peu au compte-goutte en ce moment.

Tout d'abord donc la nouvelle "skin" de printemps, avec du soleil et de l'herbe verte, mais aussi et surtout un projet de longue date qui aboutit aujourd'hui : la mise en place d'un livre d'or que nous avons appelé "Carnet de visites", qui permettra d'avoir enfin un retour de ce que vous pensez de nous et du site en général.

Il s'agit donc d'une application permettant de poster vos réactions, avec un certain formatage du texte, la possibilité d'ajouter des smileys dans les commentaires et même de donner une note à votre site préféré (bon on ne s'amusera pas à calculer une moyenne quand même !).

Pour laisser votre message, cliquez simplement sur le bouton couleur or apparu à gauche sous le bandeau, et suivez les instructions.

Un grand merci à l'auteur de cette application "El konkonbré M@squed", un amoureux des BD d'il y a 30 ans, pour le beau travail qu'il a réalisé.
L'application est téléchargeable directement sur son site perso.

Bonne dernière période à tous et continuez à visiter le site avec assiduité.

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Le site du "Konkonbré"


Meilleurs Voeux pour 2010
Jeudi 7 janvier 2010

Avec beaucoup de retard nous vous souhaitons tous nos voeux de santé, de bonheur et de réussite professionnelle.
Merci à tous ceux qui nous soutiennent dans l'aventure ecole-primaire.org à qui nous souhaitons encore de belles années d'existence.

Patrick & Stève



"Questions à Jean-Emile Gombert, chercheur en psychologie cognitive, Université de Haute Bretagne"
Dimanche 27 septembre 2009

En ce début d'année sur les chapeaux de roues, où nous n'avons même pas pris le temps de souhaiter une bonne rentrée à tous, nous sortons enfin des cartons un entretien exclusif que Jean-Emile Gombert nous a aimablement accordé au début de l'été.

Nous l'en remercions chaleureusement.

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1) E.P. : La maîtrise des notions grammaticales chez l’apprenti-lecteur est souvent considérée possible par les enseignants de CP que lorsque la maîtrise du code est acquise. On assiste alors à une série de « leçons » en fin d’année scolaire. Est-ce une approche erronée ?

J-E. G. : Aucune preuve n'a jamais été fournie à l'appui du postulat que la grammaire aide à comprendre et à rédiger : il ne sert à rien d’apprendre la nature et les fonctions des mots et les activités d’analyse grammaticale sont une perte de temps. L’apprentissage de la syntaxe ne dépend pas seulement de l’enseignement des règles de grammaire, ce sont les activités de lecture, d’observation, de manipulation et de production qui importent. Cela ne signifie pas que l’on puisse se dispenser d’un enseignement de la grammaire, justifié notamment du fait des difficultés orthographiques du français et qu’en conséquence l'apprentissage de l'orthographe requiert un minimum de connaissances grammaticales. Mais la connaissance des règles ne suffit pas : tous les enseignants savent que c’est leur mise en œuvre qui importe. Pour cela, il convient de consacrer du temps aux activités d’écrit et de lecture qui favorisent l’automatisation.

2) E.P. : Vous écrivez dans un article « DEVELOPPEMENT METALINGUISTIQUE, LECTURE ET ILLETTRISME » que « la lecture étant une tâche linguistique formelle, son apprentissage nécessite de la part de l'enfant de développer une conscience explicite des structures linguistiques qui devront être intentionnellement manipulées ». Cela implique-t-il qu’une part relativement importante de l’enseignement de la lecture doit être réservée au développement de cette conscience linguistique ?

J-E. G. : Les tâches d’analyse de la structure formelle du langage se rencontrent très rarement à l’oral alors qu’elles sont fréquemment impliquées dans le traitement de l’écrit. Ces tâches requièrent un plus haut niveau d’abstraction, d’élaboration et de contrôle que celles nécessaires au traitement du langage oral. Le simple contact prolongé avec l’écrit ne suffit pas pour installer chez l’enfant des capacités de ce niveau. Un effort cognitif de la part de l’apprenti lecteur est nécessaire pour les mettre en place lors de l’apprentissage de l’écrit. Cet effort cognitif doit être provoqué, facilité et guidé par des exercices de réflexion sur les structures linguistiques (phonologiques, morphologiques, syntaxiques, textuelles).

3) E.P. : Est-il envisageable de développer les compétences métalinguistiques en situation, dans le cadre du dialogue pédagogique qui s’établit pendant la découverte de textes ou faut-il mettre en place des « leçons » spécifiques ?

J-E. G. : Ces approches ne sont pas exclusives l’une de l’autre. Susciter la réflexion métalinguistique lors de la confrontation avec des textes entendus ou lus, offre l’avantage d’une contextualisation qui permet de mettre en évidence l’utilité d’une réflexion sur les structures linguistiques. Dans ce type de situation il est relativement aisé de faire apparaître que les formes font sens. Des exercices spécifiques permettent une focalisation sur les formes prises une à une. On évite ainsi d’embrouiller l’élève avec des informations trop nombreuses pour être gérées en même temps. Cela peut correspondre à des moments différents dans la programmation des séquences didactiques.

4) E.P. : Vous insistez sur le rôle essentiel des capacités métalinguistiques dans l’apprentissage de la lecture. Faut-il aussi, pendant l’année de CP, continuer à développer les aptitudes épilinguistiques des élèves ? Si oui, comment ? La fréquentation régulière d’œuvres littéraires peut-elle participer à ce développement ? Est-ce suffisant ?

J-E. G. : Les travaux sur l’apprentissage implicite, et leur réinvestissement dans la compréhension de l’apprentissage de la lecture, m’ont amené à revisiter le modèle de développement métalinguistique que j’avais proposé il y a une vingtaine d’année. Les habiletés épilinguistiques sont en fait les compétences acquises par apprentissages implicites. Dans cette nouvelle perspective, l’émergence des capacités métalinguistiques ne fait pas disparaître les habiletés épilinguistiques dont elles sont issues, ces dernières continuant à évoluer sous l’effet de la répétition de la manipulation de l’écrit en lecture et/ou écriture. C’est cette évolution qui serait à l’origine des automatismes du lecteur expert, et non une quelconque transformation des traitements attentionnels. Il est donc essentiel de continuer à développer les aptitudes épilinguistiques. Toutes les activités écrites y participent, elles seront d’autant plus efficaces qu’elles plaisent aux élève, la fréquentation des œuvres littéraires sont de celles-là.

5) E.P. : Le manuel d’apprentissage de la lecture « Crocolivre » que vous avez dirigé, est un des rares manuels qui prend en compte un enseignement explicite de la morphologie dérivationnelle. Pourquoi ce choix ? Est-ce compatible avec l’étude des relations grapho-phonémiques ?

J-E. G. : Le français est relativement facile à lire, la plupart des irrégularités ne gênant que peu la lecture, notamment car elles se situent souvent en fin de mot. Ainsi, malgré la présence d'une irrégularité, il n'y a qu'une façon de prononcer la terminaison d’un mot français orthographiée « -ard », le d ne se prononçant à la fin d’un mot que dans le cas particulier de la liaison et marquant donc une transition inter-mots. De même, les terminaisons verbales « -ai », « -ais », « -ait » ou « -aient » se prononcent de la même façon. Ces particularités orthographiques dépendent de la morphologie, soit de la morphologie dérivationnelle (« tarder » ou « tardif » sont dérivés de « tard »), soit de la morphologie flexionnelle (qui a un rôle syntaxique). En revanche, ces caractéristiques font du français une langue très difficile à orthographier, les mêmes configurations sonores pouvant s’écrire de multiples façons, ceci explique que de nombreux bons lecteurs aient une pauvre orthographe. En lecture, les traitements automatiques installés par apprentissage implicite suffisent rapidement pour que les irrégularités ne soient pas perturbantes. En revanche, les automatismes seront beaucoup plus longs à s’installer en écriture, et pendant longtemps une réflexion consciente sera nécessaire pour éviter la faute d’orthographe. L’enseignement explicite de la morphologie aide à la compréhension des particularités de l’orthographe. Ce n’est pas une voie alternative à l’étude des relations grapho-phonémiques, c’en est un complément. Le code écrit est grapho-phonologique par la présence d’unités qui correspondent à des prononciations, et grapho-morphologique par celle d’unités de sens.

6) E.P. : Doit-on proposer des exercices systématiques pour les notions grammaticales abordées en classe de CP ?

J-E. G. : L’exercice systématique est intéressant s’il conduit l’élève à réfléchir sur la notion ciblée. Il est assimilable à une résolution de problème. A cet égard, il a sa place dans l’ensemble du dispositif en complément d’activités plus « écologiques » d’écoute, de lecture et de production de textes qui font fonctionner les notions grammaticales en contexte.

7) E.P. : En production d’écrits, les élèves de CP (et même CE1) parviennent difficilement à réinvestir leurs connaissances grammaticales. Cela signifie-t-il que l’enseignement a été insuffisant ou imparfait ?

J-E. G. : Les écrits produits par les élèves de CP et de CE1 présentent de nombreuses imperfections orthographiques, notamment par défaut de réinvestissement des notions étudiées en classe. Ces imperfections sont d’abord le reflet de la grande complexité de l’orthographe du français. Elles ne doivent inquiéter que si elles perdurent au cycle 3 et au-delà. De même, la qualité rédactionnelle des textes et leur grammaticalité doivent s’améliorer progressivement du début de la scolarité jusqu’au lycée, et il n’est en rien alarmant qu’elles soient encore pauvres au cycle 2. Ces constats ne doivent pas déresponsabiliser les enseignants de CP. Même si son réinvestissement n’est pas immédiat, une bonne articulation entre des exercices systématiques réguliers et des activités de manipulation de l’écrit en contexte est nécessaire à l’installation, d’une part des connaissances conscientes, d’autre part des automatismes d’écriture.

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http://www.adaptationscolaire.org/themes/dile/documents/gombert.pdf

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"Il est beau, il est frais mon... cours de maths !"
Vendredi 6 mars 2009

Il est bien révolu le temps de l'Ecole Républicaine égalitaire et gratuite pour tous.

Les disparités entre les établissements du premier degré notamment sont bien connues.
En effet les moyens mis à disposition par les municipalités sont très variables, que ce soit au niveau des locaux et de leur état, des équipements annexes (terrains de sport, informatique, BCD,...), des fonds destinés aux sorties scolaires, et même (et surtout) des budgets pédagogiques annuels qui peuvent varier dans des proportions insoupçonnées d'une commune à une autre. Les répercussions au niveau des contenus d'enseignement, malgré le cadre des programmes officiels, sont évidentes. Difficile en effet de mettre en place des cycles de natation lorsque la piscine la plus proche est à 15 km, difficile de travailler sur un traitement de texte lorsque la place des rares ordinateurs de l'école est plus proche de la déchetterie que de la salle informatique, difficile d'investir dans des série de manuels ou d'albums de littérature de jeunesse lorsque les budgets ne dépassent pas 25 € par an et par élève...

Il est donc aisé de comprendre que chaque petit français n'est pas logé à la même enseigne en ce qui concerne "l'offre éducative" qui lui est proposée, malgré toute la bonne volonté et l'engagement des enseignants auxquels il sera confié.

Heureusement tout ça est en train de changer. En tout cas pour certains d'entre-eux.
Voici que se construit devant nos yeux incrédules l'école du futur, l'école supermarché.

Désormais il est possible de choisir l'école de son enfant, grâce aux assouplissements de carte scolaire. Oui mais sur quels critères ?
Facile, utilisons Internet bien sûr ! Une petite visite "Au coeur des écoles", un site de classement des écoles basé sur des commentaires de parents savoureusement subjectifs et adossé à "Pédagogies Magazine", les résultats de l'école aux évaluations nationales CE1 et CM2 de l'Education Nationale, et tant qu'on y est on jette un coup d'oeil sur la note du prof (on ne sait jamais) , et le tour est joué.

Il faut dire que certains enseignants sont très désagréables avec leurs airs supérieurs, notamment quand ils donnent des devoirs incompréhensibles uniquement pour faire étalage de leur science.
Mais ils ne savent pas que la parade est déjà là ! Un exposé récalcitrant ? Pas de problème ça ne coûte "que" 30 € chez "Fais mes devoirs".
Le concept révolutionnaire du site consiste à faire "corriger" (ça c'est pour la vitrine) des devoirs à des étudiants de grandes écoles ou de master, contre monnaie sonnante et trébuchante.

Si malgré toutes ces précautions le petit dernier ne réussit pas, il reste d'autres solutions.
Pour les plus jeunes, pourquoi ne pas pallier les carences des méthodes de lectures des "pédagogos" par la bonne vieille Boscher ? Mais attention ! Il n'est pas simple le petit dernier ! Alors pour lui on a décliné "la journée des tous petits" de 1906 sur... Nintendo DS ! Pas de problème c'est estampillé pour 3 ans et +.
C'est pas beau le progrès ?

Pour le plus grand par contre, pas d'autre alternative que de se tourner vers l'enseignement privé.
On ne parle pas ici des écoles privées sous contrat qui font le même travail que les écoles publiques et sont soumises aux mêmes contraintes concernant les programmes.
Non, il s'agit de l'enseignement privé de type soutien scolaire, ces boîtes à bachotage qui fleurissent de tous les côtés et qui se révèlent hautement lucratives. La plus connue aujourd'hui, Acadomia, est même côtée en bourse et a vu son chiffre d'affaire doubler en l'espace de 4 ans pour se situer lors du dernier bilan en août 2008 à 37 millions d'euros !

Et si vraiment la cible de l'élève n'est pas suffisante, il ne reste plus qu'à faire culpabiliser les parents eux-mêmes en leur expliquant que le problème vient tout simplement d'eux.
Heureusement on peut remédier à ça tranquillement grâce à un concept magnifique, typiquement anglo-saxon : le coaching individuel. C'est à dire littéralement l'entraînement, ou plus précisément le chaperonnage.
Après le coaching sportif, le coaching nutrition, le coaching sentimental, voici que débarquent sur la scène le coaching scolaire et le coaching parental !
Le premier avec pour vocation de redonner à l'élève confiance en soi et remotivation scolaire, le second pas plus ambitieux que d'apprendre à être un bon parent, pour "parents désemparés".
On ne s'étonnera qu'à moitié de voir les acteurs précédents et notamment Acadomia encore, très présents sur ce secteur de marché.

Nous ne sommes pas dupes, mais espérons que les parents d'élèves ne le seront pas non plus.
Le credo de tous ces "produits" qui gravitent autour de l'école et des enfants, est de gagner de l'argent sans autre objectif philanthropique, et avec un niveau de professionnalisme très variable.

Il est probable d'ailleurs, qu'ecole-primaire.org change bientôt de nom, étant donné que nous avons l'intention d'engager une équipe de pédagogues-maquilleurs, qui nous serviront probablement beaucoup dans notre prochaine entreprise : www.je-passe-ton-bac-a-ta-place.com, un site exclusivement réservé aux plus fortunés, nos prétentions salariales pour un service d'un tel degré de technicité étant tout de même assez conséquentes.

Quoi qu'il en soit et au vu de l'engouement toujours grandissant pour ce type d'approche consumériste de l'école, il est à parier que tout ça ne constitue que le début d'une mutation où l'Ecole va devoir se repositionner rapidement, au risque de devenir ce qu'on appelle aujourd'hui dans les supermarchés un produit low-cost, vous savez ceux qui sont tout en bas des gondoles...

Après on reparlera de l'égalité des chances pour tous.

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Mise à jour du 08 Mars 2009

Le site faismesdevoirs.com a fermé ses portes 48 h après sa date de lancement officiel.
Réelle arnaque, simple buzz pour les autres "produits" du fondateur du site, ou pressions haut placées appliquées au bon endroit ???

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http://www.aucoeurdesecoles.com
http://www.01net.com/editorial/404050/faismesdevoirs.com-l-antiseche-pour-cancres-connectes http://www.bienlire.education.fr/04-media/documents/glasman04.pdf

2009 ou l'an zéro de l'école primaire
Lundi 26 janvier 2009

Voilà ! Nous y sommes !
L’année 2009 vient à peine de commencer et on peut parier qu’elle restera dans les mémoires des enseignants.
Nous sommes à un tournant de l’évolution de l’école car les pièces du Darco-puzzle sont toutes sur la table et n’attendent plus qu’à être assemblées.

Pour mémoire :
- réforme de la carte scolaire
- nouveaux programmes (B.O. Juin 2008)
- nouveaux horaires (24 heures hebdomadaires + 108 heures)
- nouvelle formation (Fin des IUFM)
- nouveau diplôme (Instituteur, Professeur des Ecole et maintenant « Master » des écoles)
- nouvelles évaluations des élèves (CE1 et CM2)
- nouvelles évaluations des enseignants
- nouvelle évaluation des écoles
- nouvelles obligations pour pouvoir faire grève
- nouvelles approches des élèves en difficultés (aide personnalisée, stages, suppression des RASED...)
- nouvelles rémunérations (primes CE1/CM2, prime T1, primes stages...)
- nouveau statut pour l’école (EPEP)
... et on doit peut être en oublier !

Le tout en 18 mois !
Imaginez le potentiel pour les années à venir !
On en vient à se demander quelle sera l’école de 2012 ? Est-ce inéluctable ? Les syndicats, s'ils existent encore dans leur représentativité, peuvent-ils encore faire changer les choses ?
Certains enseignants n’y croient plus et cèdent au fatalisme : « A quoi bon lutter pour une école meilleure ? Se battre pour les enfants des autres alors que les parents saisissent la moindre occasion pour nous affubler des tous les maux de la Terre ? Je n’ai pas les moyens de faire grève ! …».

Et le désespoir se fait grand ! A un tel point que toutes ces nouveautés ont engendré une nouvelle forme de protestation : la Résistance pédagogique.
Et le mot en dit long : « Résistance » !
Ils sont peu nombreux mais s’organisent efficacement avec l’Internet. Et, ils font peur. Peur à leur hiérarchie, peur aux politiques ! Ils font peur car rien ne semble les arrêter, aucune sanction ne les ralentit, aucune menace ne les infléchit. Et finalement, ils font peur car tous les enseignants les regardent du coin de l’œil, étonnés, scandalisés, intrigués, ou admiratifs...
Néanmoins doit-on les considérer comme des modèles ? Ont-ils évalué les dispositifs ? Les ont-ils au moins essayés pour en arriver à leurs conclusions ? Ces martyres sacrifiés sur l’autel de la pédagogie ne négocient pas, ils décident, c’est tout !
Et que cherchent-ils ?
- L’annulation de l’aide individualisée ?
- L’abandon des programmes de 2008 ?
- Le retour aux 26 heures ?
- La fin des évaluations CE1/CM2 ?
... voire plus encore ?

Alors quelle position adopter ? D’un côté il est indéniablement nécessaire de lutter contre un démantèlement progressif de l’école primaire tel qu’il est programmé, d’un autre côté il est non moins nécessaire de faire enfin évoluer un système figé depuis bien trop longtemps dans des pratiques et un fonctionnement, et qui n’a pas su anticiper à temps un changement de la société et des élèves qui lui sont confiés.

Le risque pour « nos dirigeants politiques », c’est la médiatisation et la propagation. L’opinion publique, quant à elle, ne se sent concernée que localement et ne comprend pas le fond du problème à ce jour. Mais cela réduirait-il à néant les réformes de ces 18 derniers mois ?
Car le véritable problème n’est pas ou n’est plus dans les modifications des horaires ou la mise en place d’aide personnalisée. Il ne se situe pas non plus dans les programmes ou l’évolution du RASED...
L’avenir de nos écoles se joue peut-être dans la formation initiale telle qu’elle est envisagée avec son nouveau diplôme, et certainement dans la reforme du statut des établissements.
Et à ce jeu, le ministre a encore quelques coups d’avance et quelques cartes dans sa manche ! Nous redoutons fort (en espérant se tromper) que dans quelques mois, la bataille de l’aide individualisée paraîtra bien ridicule.

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A lire, le papier de Pierre FRACKOWIAK, IEN honoraire, sur le site de Philippe MEIRIEU.



Big Brother is watching you !
Mercredi 12 novembre 2008

Souvenez-vous de l'article que nous proposions il y aquelques temps sur la surveillance du Net par les éditeurs de manuels scolaires...

Eh bien la Fnac et Virgin peuvent retirer le roman d’Orwell des étagères de la fiction pour le ranger dans les documentaires.

C’est l’année des enseignants, on vous le dit !
Et pour dernière preuve, cet appel d’offre du MEN (http://www.fabula.org/actualites/documents/26772.pdf) pour « veiller sur l’opinion ». Notre cher ministre cherche une société privée pour surveiller le Net.
Et ceci pour la modique somme de ... 100 000 € HT, mais c'est un détail.

Les buts annoncés ?

  • identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles, émergents)
  • identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l'opinion
  • repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte, et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau
  • décrypter les sources des débats et leur mode de propagation
  • anticiper les risques de contagion et de crise.

Il parait que le militantisme a évolué et que l’Etat doit s’adapter. Et pourquoi pas une puce électronique pour prévenir de toute pensée qui ne serait pas en « adéquation » avec le pouvoir en place ? 

Enfin, comme dit la chanson : "Prom'nons nous dans les bois, tant que le loup n'y est pas, car s'il y était..."
Et profitons de nos derniers moments de liberté ! Nous croyions avoir touché le fond avec Robien (qui aurait pensé le regretter !!!) mais finalement avec ses grandes gesticulations médiatiques, il n’avait pas changé grand-chose. Par contre, les pièces du Darco-puzzle s’assemblent petit à petit et l’image de la future Education Nationale laisse pour le moins dubitatif.

Programmes : out !
Documents d’application : out !
Evaluation diagnostic : out !
Remplacements : out !
Droit à la grève : out !
Rased : out !

Et tout cela est passé comme une lettre à la poste !
On assiste à une marchandisation et une destruction de l’Education Nationale et personne ne bouge le petit doigt ! On en devient suspicieux et même paranoïaque.
On annonce une prime de 400 euros pour les évaluations CE1 et CM2. Et cela n’étonne personne ??? Les enseignants du CE2 qui les faisaient chaque année obtenaient péniblement une demi-journée pour accueillir les parents et là, on donne 400 euros ! Et si cet argent était une sorte de garantie pour s’assurer que les enseignants feront ces évaluations ? Une carotte anti-manifestation, anti-mécontentement, anti-boycott.
Car n’oublions pas que l’objectif à terme est de publier les résultats de chaque école sur le Net afin que les parents puissent choisir leur école en toute connaissance de cause.
Et ça.... ça va coincer avec les enseignants privilégiés et leurs syndicats...

A moins que 400 euros...

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Parution au JO
Le marché public

Préparatifs de rentrée 2008
Mise à jour : Dimanche 31 août 2008

Je tiens à signaler le travail remarquable de Patrick qui depuis le début s'occupe de la ligne pédagogique du site.

Cette année encore, en plus des documents de l'espace pédagogique, il propose en téléchargement (sur le forum uniquement) des documents modifiables concernant les compétences à acquérir par les élèves. Tout ça conforme aux programmes 2008 bien évidemment. Il suffit de fouiller un tout petit peu dans les derniers fils pour les trouver.

Et bien entendu, je ne doute pas que dans les jours qui viennent le sacro-saint Dossier de rentrée au CP devrait faire son apparition dans sa version 2008.
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Le voici, toujours à l'heure. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, il s'agit d'un dossier proposant des pistes d'activités, des pratiques de classe, des programmations, des liens Internet... pour les maîtres préparant leur classe de CP pour la rentrée 2008.
Version étoffée de 44 pages cette année, rien de moins, évidemment revue et corrigée pour tenir compte des nouveaux programmes 2008.

Et encore un grand merci à celles qui se sont couchées tard pour que le dossier puisse être mis en ligne à temps, et évidemment à leurs rédacteurs.

Bonne rentrée à tous.

Restez connectés !
Le webmaster.


Le forum ecole-primaire 2008
Mercredi 9 juillet 2008

Après plus de 3 ans et demi d'existence, plusieurs semaines de travail d'intégration au site et de nombreux tests, le forum ecole-primaire.org fait enfin peau neuve !

Plus beau, plus rapide, le moteur du forum passe donc à la version 3 et ce sont des dizaines de nouvelles fonctionnalités qui apparaissent.

Désormais, il est possible ("enfin ! " diront certain(e)s ) de poster des fichiers joints sans passer par un espace de stockage externe. En effet, 200 Mo ont été réservés sur notre propre serveur ! Toutefois, la taille des fichiers ne pourra dépasser 1 Mo et les images ne devront pas être plus grandes que 640 pixels en hauteur et en largeur.
Les types de fichiers acceptés sont les suivants : archives (zip, rar, ace), documents (Word / Excel 2003 et 2007, OpenOffice, rtf, PDF), images (gif, jpg, jpeg, png), textes (txt, csv), sons (mp3, ogg, wma).

Un panneau de l'utilisateur apparaît, permettant de gérer son compte personnel : le profil et les préférences, les sujets favoris, les sujets suivis, la liste d'amis ou d'utilisateurs ignorés, etc...
La messagerie privée reçoit un bon dépoussiérage, avec la possibilité de créer jusqu'à 4 dossiers de stockage, l'envoi à plusieurs destinataires ou à des groupes d'utilisateurs, la gestion des copies cachées...

L'éditeur de messages prend un coup de jeune, avec une meilleure gestion des BBcodes et de l'insertion des smileys (enfin au bon endroit dans le message), mais aussi l'apparition d'une palette de couleurs bien plus conséquente.

Enfin entre autre de nouveaux smileys ont été rajoutés. ;-)

A vous de découvrir toutes ces nouveautés et toutes celles qui n'ont pas été citées.

Quant aux modérateurs, un panneau de modération fait son entrée.
A charge pour eux de prendre en main leur nouvel outil. Ils sont déjà ravis.

Nous tenons à remercier la fine équipe d'une quinzaine de personnes qui fait vivre ce forum au quotidien, à leur implication, à leur professionnalisme et à leur vision irréprochable de notre métier, qui garantissent des échanges souvent d'une très grande qualité pédagogique.
Toutefois ce forum est avant tout le vôtre, il est totalement libre et gratuit et ne demande que de nouvelles contributions pour continuer à vivre pleinement.
Et n'oubliez pas qu'il n'y a pas de questions sottes, juste un questionnement justifié pour un métier de plus en plus difficile, le nôtre.

Alors n'hésitez plus ! Inscrivez-vous et vous ne vivrez plus votre pédagogie de la même manière.
Echange, collaboration et travail en équipe sont les seuls leviers d'un travail en classe cohérent et de qualité.

http://www.ecole-primaire.org/forum/index.php

____________________________________________________________________________
Et un grand merci aux équipes de développement et à la communauté de phpBB, moteur de notre forum, pour leur travail remarquable.
http://www.phpbb.fr/


Logiciels de vacances
Mercredi 25 juin 2008

L'année scolaire se termine à peine et on commence déjà à se préparer pour la rentrée suivante.
Et force est de constater que l'ordinateur est devenu un outil indispensable pour l'enseignant qui se respecte.
Préparation de cours, documentation, communication, il est devenu difficile de s'en passer.

Alors juste avant l'été, quand on nous fait des cadeaux sous forme de logiciels il serait stupide de passer à côté.

Microsoft Office 2007 professionnel

Depuis le 19 juin dernier, Microsoft propose à tous les enseignants français de disposer gratuitement d'une licence non limitée de la suite bureautique Office 2007 version professionnelle, c'est à dire qui intègre Word, Excel, Powerpoint, Access, Publisher, Outlook,... Un cadeau de près 300 € !
La seule condition est de posséder une adresse électronique professionnelle sur un domaine académique, chose que nous avons tous actuellement, même sans le savoir.
Ces adresses sont du type "prenom.nom@ac-Nom_de_l_academie.fr". Si vous ne connaissez pas la vôtre, renseignez vous auprès de vos services administratifs, IEN en particulier.
Le logiciel est téléchargeable sur internet et doit être activé par une clé envoyée sur cette adresse après l'inscription. Rien d'autre (à part bien sûr quelques infos personnelles... Qu'allez-vous en faire Mr Microsoft ?)

Alors que se passe-t-il chez Microsoft, l'archange du logiciel payant et fermé ?
Ne nous y trompons pas le géant américain n'a jamais fait dans la philanthropie, et cette offre cache évidemment quelque chose.
Il s'agit en réalité de mettre le grappin sur la communauté éducative dans ses usages personnels, pour créer un besoin qui est censé nous amener à faire acheter à nos écoles (ou plutôt aux municipalités) les mêmes logiciels qu'on utilise à la maison.
Et là c'est le jackpot assuré. Parce qu'ensuite les enfants eux-mêmes seront formés à l'utilisation de cet outil particulier.
Nous sommes les premiers à savoir que quand on a des habitudes, il est difficile ensuite d'en changer, surtout en terme de logiciels.

Alors il est nécessaire de rappeler que le B2i, Brevet Informatique et Internet, qui est le seul référentiel concernant les compétences TICE à l'école primaire, n'a jamais précisé qu'un programme spécifique doit être utilisé.
Dans sa version précédente, il était précisé "avec le traitement de texte disponible dans l'école, l'enfant doit être capable de...".

Quoi qu'il en soit, un cadeau ne se refuse pas, il faut juste être conscient de la volonté qu'il y a derrière.

OpenOffice, l'alternative libre.

En opposition totale avec le concept de logiciel propriétaire cher à Microsoft, le logiciel libre est porté par une communauté très active.
Un logiciel libre est un logiciel dont le code source, c'est à dire toutes les lignes de code informatique sont librement consultables, diffusables et même modifiables. L'idéologie est totalement différente et surtout les logiciels sous licence libre sont en général gratuits.

Le seul problème dans leur utilisation reste pour les détracteurs la compatibilité avec les logiciels existants et communément utilisés. Et puis aussi l'adaptation à l'interface, l'accès aux fonctions qui diffère de ce qu'on connaît.
En ce qui concerne la compatibilité, il y a de moins en moins de problèmes entre OpenOffice et Word par exemple.
La version 2.4 d'OO ouvre parfaitement tous les fichiers jusqu'à Word 2003 avec une très bonne compatibilité dans le respect de la mise en page (il faut bien reconnaître que ce n'était pas le cas avec la version 1).
La version 3 d'OO est actuellement en cours de test et devrait apparaître bientôt pour une utilisation courante. Outre les améliorations diverses, elle intègrera la possibilité d'ouvrir les documents élaborés avec MS Office 2007.
Quant à l'interface, celle d'Office 2007, totalement refondue, demandera également au nouvel utilisateur une longue période d'apprentissage.

Il est donc urgent de ne pas s'en passer dans les écoles et d'abandonner définitivement Microsoft, même si vous continuez à l'utiliser chez vous, tous vos documents pouvant être ouverts et modifiés par OO.
Une autre vision des choses est de dire que nous devons former nos élèves à ce qu'ils trouveront réellement dans leur quotidien. C'est une question de point de vue : enseigner l'adaptabilité ou le formatage de l'esprit...

Firefox 3, le navigateur tout terrain

Ce début d'été voit également arriver sur nos ordinateurs la nouvelle version du navigateur libre Firefox, de la fondation Mozilla.
Nous conseillons vivement depuis plusieurs années l'utilisation de ce navigateur pour la consultation de notre site pour diverses raisons, dont la principale est le respect des standards utilisés sur le Web.
Un test qui ne trompe pas, est le test Acid2 qui simule le rendu d'une page Web par votre navigateur.
Les résultats sont édifiants avec Internet Explorer 7, et même Firefox 2 ne passait pas complètement ce test.
La version 3 passe maintenant le test Acid2 avec succès.

Alors quels plus finalement ?
Si on passe sur une meilleure compatibilité dans l'affichage des pages, on peut citer les points suivants :
- Vitesse d'affichage largement améliorée
- Barre d'adresse intelligente qui propose une liste de site en fonction des saisies
- Ajout de mots-clés aux marques-pages
- Amélioration du gestionnaire de téléchargements
- Filtre de sites malveillants
- Anti-phishing amélioré
- Fonction de zoom même sur les images ! Bluffant.
- ...

A télécharger et installer d'urgence !

Alors qu'est-ce qu'on attend pour préparer nos ordinateurs pour la rentrée ?

http://www.officepourlesenseignants.fr
http://fr.openoffice.org
http://www.mozilla-europe.org/fr/firefox
http://acid2.acidtests.org

Mépris et méprise !
Mercredi 4 juin 2008

L'année 2008 n’est pas encore terminée qu’elle s’est déjà inscrite dans le marbre de l’histoire de l’école primaire.
Elle est l’aboutissement d’un long processus de sape et de dénigrement du « plus beau métier du monde » !

Ce mépris de notre profession largement entamé par Gilles de Robien est poursuivi dans les médias inlassablement. Sondages, rentabilité et méprise sont le terreau de cette entreprise de destruction qui n’est plus loin d’aboutir.

Ces dernières années, les enseignants avaient pris conscience de l’absence de reconnaissance de la société, du changement de leur statut. Alors qu’ils étaient encore attachés à une école laïque et républicaine, ils n’avaient pas anticipé cette transformation de l’éducation en bien de consommation. Et ils s’étaient encore moins préparés à une telle remise en cause de leur travail :
- mépris de leur professionnalisme
- mépris de leur engagement
- mépris de leur pédagogie
- mépris de leurs compétences
- mépris de leur formation
- mépris de leur statut
- mépris de leur salaire
- mépris de leurs difficultés devant une société changeante
- mépris de leur intégrité
... et j’en passe !

Et cela n’a pu se faire sans un formidable travail de fond basé essentiellement sur la communication. Les mensonges succèdent aux non-dits, les cas particuliers servent de généralités, la médiatisation remplace la compétence, les sondages se substituent aux concertations et le populisme éclipse la réflexion.
Bienvenue dans l’ère de la médiocratie !

L’Instituteur (avec un grand i) n’est plus ; place aux « privilégiés », à ceux « qui ne travaillent que 27 heures par semaine », à ceux « qui bénéficient de larges vacances », à ceux « qui sont payés pendant les grèves », à ceux « qui sont toujours absents », à ceux « qui n’ont aucun résultat », à ceux « qui s’abritent derrière les syndicats pour refuser tout changement », à ceux « qui sont responsables de l’échec de l’école avec leur pédagogisme », à ceux « qui refusent d’aider les enfants en difficultés »... On parlait de « malaise des enseignants », on peut désormais envisager la « syncope ». Et les manifestations incomprises ne feront qu’accentuer ce fossé grandissant entre la société et ses professeurs.

Comment la quasi-totalité de la population (voire même les enseignants eux-mêmes) a-t-elle pu arriver à une telle méprise sur notre profession ?

Qui sait que les programmes de 2002 (réécrit en 2007) n’ont pas été évalués ?
Qui sait que l’accueil obligatoire des enfants les jours de grève sera une garderie et non une journée d’enseignement ?
Qui sait qu’aux résultats internationaux qui plaçaient la France en très mauvaise position, les enfants français évalués étaient plus jeunes que les autres (10,0 ans en moyenne contre 10,8 ou 10.9 pour les suédois, roumains, moldaves, russes, marocains, ou bulgares) ?
Qui sait qu’un enseignant n’est payé que pendant 10 mois et que son salaire est annualisé ?
Qui sait que nos vacances nous amputent largement nos salaires ?
Qui sait que nous ne sommes pas payés pendant les jours de grève ?
Qui sait que nous accueillons les parents souvent sur notre temps personnel ?
Qui sait que la vie de l’école (coopérative, fêtes, évènement, spectacles...) n’existerait plus sans le bénévolat des enseignants ?
Qui sait que nous sommes la seule profession où aucune discussion n’a été engagée lors du passage aux 35 heures ?
Qui sait que nous surveillons bénévolement la sortie de l’école parfois 10 à 15 minutes au-delà des horaires parce que nous sommes inquiets pour les (leurs) enfants ?
Qui sait que la plupart des livres pédagogiques, les ordinateurs, les cartouches d’encre, les albums ... nous les achetons avec notre propre argent ?

... Bref, prenons un exemple extravagant : imaginez un ouvrier maçon qui doit acheter sa bétonnière, qui fait 40 heures par semaine payées 27, qui a un patron qui lui donne un plan d’une même maison différent toutes les mois, qui accepte de perdre 2 mois de salaire quand son patron ferme l’entreprise en juillet/août, qui doit faire 1/3 de son travail à la maison, qui fait 20 à 30 minutes par jour bénévolement, à qui on restreint l’aide d’un spécialiste pour les menuiseries ou la plomberie, qui prend des rendez-vous sur son temps personnel avec le futur proprio et qui se fait lyncher à la moindre occasion parce que son travail n’est pas « rentable » ou « efficace » ? Connaissez-vous ce maçon qui selon l’opinion publique est un privilégié ?

Fort de ce constat, il est impossible de ne pas se poser quelques questions :
- qu’avons-nous manqué pour en arriver là ?
- pourquoi un tel acharnement ?
- cette méprise et ce mépris, peuvent-ils changer considérablement notre approche du métier ?

Personnellement, j’ai bien quelques réponses possibles, mais je n’ose encore y croire...

Darcos et le média-training
Mercredi 7 mai 2008

A l’époque des restrictions budgétaires (il faut réduire le train de l’Etat, paraît-il !), en voici un pour qui la formation (onéreuse !) porte ses fruits ! Rappelons que le ministre s’est offert une formation en média-training pour la modique somme de 122 000 euros.

En effet, en pleine tourmente des suppressions de postes au collège et au lycée, contesté par les professionnels sur le terrain à propos de ses nouveaux programmes, Xavier Darcos prend le temps de faire de la pédagogie pour convaincre. Un comble pour le pourfendeur du « pédagogisme » !
Il met donc en application les conseils de la société « média-traineuse » et arpente radios, chaînes de télé, journaux, chats, blogs... pour justifier ses réformes.

L’ironie de l’histoire est que cet effort de communication n’est pas destiné aux professionnels sceptiques dont il est en charge mais contre eux. Le seul objectif de ce plan média est de relativiser le mouvement protestataire en opposant le service public aux utilisateurs.
Passons sur les méchants profs qui poussent les lycéens dans les rues, sur les synthèses des programmes globalement positives (on croit rêver !) ou sur les « pédagogistes » qui ont ruiné l’école primaire, le Ministre de l’Education Nationale qui prétend revaloriser le métier essaie, par tous les moyens, non pas de le dévaloriser mais de le ridiculiser.

Il est vrai qu’une fois le système bien à plat, une simple cacahuète satisfera le gentil prof docile !

http://www.politique.net/2008010102-etat-a-finance-media-training-de-xavier-darcos...

Consultation : les dés sont-ils pipés ?
Jeudi 27 mars 2008

C'est le titre de "l'argumentaire unitaire" issu du travail commun de 19 organisations proches du milieu éducatif, que nous nous proposons de reprendre intégralement tant il nous paraît indispensable à la veille de la consultation des enseignants du premier degré...

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Les nouveaux programmes ont été présentés dans le BO du 20 février 2008. Le 28 février, le ministère écrivait aux recteurs et inspecteurs d’Académie afin d’organiser une demi-journée libérée de consultation dans les écoles avant le 29 mars, les synthèses devant aboutir au ministère avant le 5 avril ! Au mois de septembre 2007, le ministre avait produit une note d’orientation annonçant une réforme sans préciser le calendrier. La durée de la concertation – obligatoire selon la loi – est finalement bien courte !

Deux innovations méritent d’être soulignées :

  • Une consultation parallèle ouverte sur le site du ministère sur la réforme des programmes, dont la gestion est confiée à la société OpinionWay. Chacun peut écrire ce qu’il veut plusieurs fois et ne peut ni vérifier ni valider les choix faits. Quelle utilisation en sera faite ?
  • Une organisation systématique du questionnement des enseignants des écoles
    • Des questions ouvertes difficilement synthétisables dans un délai court (« Avez-vous des remarques ou suggestions ? »)
    • Des questions ciblées sur la « clarté des projets de programmes » ou la « précision des projets de progression ». Mais il n’y a aucune question sur la cohérence des programmes, la pertinence des notions, les modalités d’évaluation. Et ce n’est pas parce qu’une notion est claire ou précise que le sens en est forcément compris par tous, y compris les parents…
    • La confusion des représentations entre découpage disciplinaire et catégories du socle commun n’aide pas à la réponse.

Bref, un texte dont la rédaction est largement aboutie, sans que le ministère dise avec qui il a été écrit, mais dont il faudra bien discuter dans chaque école pour savoir comment le mettre en œuvre…

24 heures chrono !

On alourdit les programmes, on relève le niveau d’exigences et on diminue le temps d’enseignement, telle semble être la philosophie de ce projet de programmes. En français et en maths, les connaissances visées en fin de cycle 3 sont semblables à celle attendues en fin de classe de 5ème. On souhaite renforcer l’horaire d’EPS. Et pour couronner le tout, on ajoute de nouvelles matières, l’éducation au développement durable, l’histoire de l’art, on apprend une LVE dès le CP… Bref, on garde tout, on compartimente, on morcelle en disciplines et sous-disciplines et on diminue le temps pour faire ce travail. Entre les dix heures de français, les cinq heures de mathématiques, les quatre heures de sport et l’heure et demie de langue vivante, que restera-t-il à la « culture humaniste » ? Aux sciences ? A l’éducation artistique ?

3h30 en cycle 2 (contre 6 heures auparavant) et 5h30 au cycle 3 (contre 9h30 auparavant). Ne cherchez pas ces informations dans une quelconque grille horaire, le ministère n’a pas jugé utile d’en publier une, ou peut-être n’a-t-il pas osé le faire. Nos calculs reposent donc sur le décryptage de différents propos tenus à Périgueux ou ailleurs par le Ministre de l’Education. Drôle de méthode pour un Ministre qui veut réhabiliter le calcul mental et la maîtrise des techniques opératoires dès le plus jeune âge !

Quels savoirs pour quels citoyens ?

Le projet de programme repose sur une conception étroite et réductrice des savoirs. La centration sur le français, les maths et l’EPS en élémentaire, le vocabulaire et l’étude des sons en maternelle, réduit les apprentissages à des visées étroitement utilitaires sans permettre l’ouverture culturelle sur d’autres horizons, nécessaires au développement de chacun. L’appauvrissement des programmes s’accompagne d’apprentissages inadaptés à l’âge des élèves, d’autant plus prématurés qu’ils ne font pas l’objet d’une élaboration. Ces logiques à l’oeuvre ne peuvent que renforcer l’échec scolaire des élèves issus des milieux populaires. L’activité intellectuelle des élèves n’est pas convoquée. Comment pourront-ils apprendre ce qu’ils ne comprennent pas ? Où sont les exigences annoncées d’invention, d’imagination, d’esprit d’initiative quand le poids est mis à ce point sur la mémorisation réduite à une mécanique qui ne peut qu’entraîner à ânonner ou à bachoter ? Il ne peut y avoir d’apprentissages sans élaboration des connaissances, sans participation active des élèves : on ne peut s’entraîner que sur ce qui est appris et on ne peut avoir envie d’apprendre que lorsque la curiosité est mise en éveil. Ce qui suppose de restituer aux savoirs leurs raisons d’être, leurs significations. Mais c’est une docilisation des comportements, une soumission des esprits qui est promue. En tournant le dos à sa mission, l’école qui nous est proposée est une école qui renonce à l’ambition pour tous de l’accès à une culture commune.

Une conception réductrice de l’enfant/élève

Le choix d’une terminologie à l’ancienne : l’instruction avec la rédaction, la mémorisation, les règles, la morale… n’est pas anodin. Il enterre les visées d’une émancipation de l’enfant et d’une compréhension du monde que l’éducation porte. A la lecture des programmes on comprend que l’enfant devra revêtir son costume d’élève obéissant et passif, pour écouter et répondre aux questions, mémoriser et s’exercer sur les « connaissances et compétences (qui) s’acquièrent par l’entraînement » (p32). Pas de temps consacré aux discussions et aux échanges qui rendent vivants les savoirs. On est loin de l’enfant acteur de ses apprentissages, confrontés à des situations-problèmes, à la recherche et au tâtonnement. L’élève ne construit plus ses savoirs, l’enseignant technicise ses apprentissages. L’élève décrit, apprend et récite, non pas pour penser le monde mais pour avoir de bonnes notes pour faire évaluer sa performance. Le travail sera de plus en plus individuel, soumis à la seule transmission de l’enseignant et de moins en moins individualisé dans un collectif. Quid du collectif pourtant nécessaire à la construction des apprentissages, des savoirs et du vivre ensemble ?

Une certitude : le fossé se creusera davantage pour tous les enfants qui n’ont que l’école pour accéder à la culture. Ceux qui y resteront deux heures de plus feront le plein d’exercices alors qu’ils devraient profiter autant que les autres de l’offre familiale ou associative d’activités culturelles et sportives.

Quant à ceux qui ne pourront pas revêtir ce costume d’élève obéissant et docile, il reviendra à eux et à leur famille d’entreprendre des soins et des rééducations.

La modification significative de la posture d’enfant/ élève entraîne au passage le renoncement au concept d’éducation globale, elle attribue aux enseignants les savoirs « académiques », aux animateurs/éducateurs les savoir-faire et aux parents les savoir-être ! C’est penser les lieux d’éducation que sont l’école, les loisirs et la famille, étanches les uns aux autres.

Polyvalence ou bivalence ?

Tout un chacun, experts, parents, s’accorde à dire qu’une des grandes forces de l’Ecole Primaire c’est la polyvalence de ses maîtres. Polyvalence n’est pas omniscience. Néanmoins celle-là a l’immense mérite de permettre à l’enseignant de connaître l’enfant dans différentes situations d’apprentissage et de pouvoir enseigner de manière cohérente et transversale, dans le cadre d’une pédagogie de projets, les différentes matières du programme, évitant ainsi un trop grand saucissonnage disciplinaire. Or ces nouveaux programmes centrent sur le français et les mathématiques l’essentiel du temps scolaire en en faisant une priorité absolue. Cette prééminence aura pour effet mécanique de rejeter sur les marges des vingt-quatre heures de classe - voire à l’extérieur de l’Ecole par l’intermédiaire de l’accompagnement éducatif - les autres matières également importantes pour la réussite de tous les élèves. Les nouveaux programmes qui nous sont présentés vont de fait transformer le métier d’enseignant du premier degré. De professeurs polyvalents, les enseignants vont devenir des sortes de professeurs bivalents français-mathématiques. Même si chacun peut reconnaître l’importance de ces deux matières, la découverte du Monde par l’enfant ainsi que l’univers professionnel des Maîtres ne peuvent se limiter à cela. Il y a derrière ce projet une idéologie par trop utilitariste et mécaniste du rôle de l’Ecole dans la formation de l’élève.

Du côté de l’école maternelle

Le regard porté sur l’enfant a changé ; son accueil et sa maturation psychologique et affective sont occultés. Nous regrettons une centration totale et quasi exclusive sur l’élève. Le domaine d’activités « vivre ensemble » est remplacé par « devenir élève » comme si la prise en charge de ces écoliers en tant que jeunes enfants n’était plus un objectif prioritaire.

Les finalités posées à l’école maternelle dans ce texte : « permettre à l’enfant de devenir autonome pour s’approprier les connaissances afin de réussir les apprentissages fondamentaux » marquent un changement complet de perspective si on les compare aux termes des programmes de 2002 : « l’objectif de l’école maternelle est de permettre une première expérience scolaire réussie ». Elles rendent l’école maternelle très sélective et réductrice. Quel enfant sera reconnu dans cette école ?

L’évaluation devient exclusivement sommative. Elle est présentée comme « outil de comparaison des effets des pratiques pédagogiques, outil de mesure des résultats des écoles » et donc de leur classement. Cela ne correspond pas aux pratiques de l’école maternelle : quels effets sur les apprentissages ?

La scolarisation des enfants de 2 à 3 ans disparaît comme le mot « accueil ». La scolarisation des tout-petits jusqu’ici prioritaire dans les quartiers difficiles est-elle abandonnée ?

Quelle ambition est retenue pour l’école maternelle française et pour les enfants qui lui sont confiés ? Tous les enfants auront-ils encore leur place tels qu’ils sont dans notre école maternelle ?

De la récitation à la rédaction, le retour au morcellement et à l’isolement du français

Des horaires moins amples dans les nouveaux programmes

Le discours sur les horaires veut faire croire à une augmentation du temps accordé au français dans les nouveaux programmes, alors qu’en fait ce temps est réduit, car la part du français travaillée dans le cadre de la transversalité disparaît. Et en perdant son lien avec les autres domaines travaillés à l’école, le français perd de son importance et de son sens pour les élèves.

Des activités plus cloisonnées et plus mécaniques

Dans les nouveaux programmes, le français cesse d’être le domaine du lire – écrire – parler, et devient une collection d’activités disjointes, avec une compartimentation entre elles, de la maternelle au cycle 3. Les exercices privilégiés sont ceux qui sont les plus mécaniques – il s’agit d’appliquer des règles, de répéter, de reproduire – tandis que les activités qui demandent des efforts, de la réflexion et de l’intelligence sont à peine évoquées par les programmes.

L’importance accordée au vocabulaire, à la grammaire et à l’orthographe répond à un besoin, mais les contenus envisagés ne permettent pas de développer des compétences en écriture et en lecture car ils ne s’intéressent qu’à la maîtrise de savoirs ponctuels. Les problèmes de cohérence que posent les écrits produits par les élèves ne risquent pas d’être résolus ainsi. Et ce n’est pas, comme le proposent les nouveaux programmes, en renonçant à essayer de comprendre d’où viennent les erreurs des élèves en orthographe ou en production d’écrit que l’enseignement deviendra plus efficace, bien au contraire. Et encore une fois, la simplification de l’orthographe – officielle depuis 1990 !- passe à la trappe.

Des compétences visées plus limitées.

De la maternelle au CM2, les programmes mettent l’accent sur la réception passive de la parole, sur la reproduction de routines et non sur les capacités de compréhension et d’expression orales et écrites qu’il faudrait pourtant développer.

Mathématiques : trop et trop tôt

Les projets de programmes en mathématiques tournent le dos aux évolutions nécessaires mais aussi aux pratiques des enseignants, tout en niant les apports de la recherche en didactique des mathématiques des dernières décennies.

  • Ils ne répondent pas aux enseignements des évaluations internationales. Pour ces dernières, les élèves français sont moins habiles que les autres élèves pour résoudre les problèmes de la vie courante, et pour transférer les connaissances qu’ils ont acquises vers des situations inconnues. En reléguant la résolution de problèmes au rang d’application de techniques préalablement acquises, ils font le contraire de ce qui serait nécessaire.
  • Ils avancent, bien trop précocement, les standards d’acquisition de notions, en particulier les opérations posées. L’insistance sur la technique des 4 opérations posées (soustraction en fin de CP, division par 2 et 5 en fin de CE1, opérations sur les décimaux en fin de cycle 3), impose pour les élèves les plus fragiles des heures d’entraînement fastidieux, et pour tous, une diminution du temps passé à l’acquisition des différents sens des opérations, et à la familiarisation avec les situations auxquelles ces opérations répondent. De plus, cette précocité s’avère nuisible à l’acquisition des compétences en calcul mental.
  • La surcharge du programme, qui prévaut aussi en mesures et géométrie au cycle 3, s’accompagne d’une légère diminution d’horaire (de 5h30 à 5 h). Cet alourdissement est contradictoire avec la volonté affichée d’augmenter les temps nécessaires de systématisation et de stabilisation.
Évaluations : changement de cap

Les évaluations, jusque là outil d’aide au repérage et à la remédiation dans l’acquisition des apprentissages, opèrent un net changement de logique. Placées en CE1 et CM2, classes charnières en référence au socle commun, elles devront, en milieu d’année, valider l’acquisition de compétences en français et en maths. Les annonces de rendre publiques les résultats des évaluations, école par école, et dans un contexte où il est question de supprimer la carte scolaire, inquiètent, par le risque d’une mise en concurrence des écoles dont personne ne voit en quoi elle favoriserait une meilleure réussite des élèves. Au plan des contenus, les programmes, couplés aux évaluations qui accentuent l’importance des maths et du français, complètent un dispositif qui minore, voire annule les autres disciplines, comme le champ de la transversalité. Les progressions qui accompagnent les programmes, même présentées comme « indicatives », prennent valeur d’indicateurs incontournables pour préparer les élèves aux évaluations. Ce contexte risque d’induire des pratiques de répétition mécanique, peu aptes à faire réussir tous les élèves, et déjà largement encouragées par les programmes.

http://www.snuipp.fr/spip.php?article5433

Net pédagogique : les sites sous surveillance ?
Mercredi 13 février 2008

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas de l'Institution qu'il s'agit ici, mais bien d'acteurs privés qui mènent une veille constante, à la loupe, des mouvements du réseau constitué par les sites pédagogiques présents sur la Toile.

Ça n'est pas nouveau, les techniques de renseignement, d'infiltration, de manipulation font partie des usages (souvent discutables) de groupes sociaux rivaux ou ayant un intérêt commun. Et il n'y a aucune raison pour que cela change avec les nouvelles technologies. Bien au contraire.
Et à la limite rien de plus normal que de s'intéresser aux nouvelles pratiques, notamment lorsqu'elles sont véhiculées par les personnes qui constituent votre cible marketing privilégiée.

Vous l'aurez compris, c'est bien des éditeurs de matériel pédagogique et plus généralement de tous ceux qui ont quelque chose à vendre dont il est question.
Et la cible, c'est vous !

En effet, les sites pédagogiques qui fleurissent sur Internet depuis quelques années sont de plus en plus consultés, et force est de constater que le modèle du "tout gratuit" a de quoi séduire... Et inquiéter les éditeurs traditionnels dont le métier est de manipuler du papier et pas obligatoirement des bits.
La problématique est sensiblement la même que pour les majors de la musique et du cinéma, pour lesquels des lois sur mesure sont régulièrement votées afin de garantir au mieux leur revenus, faute d'avoir su anticiper à temps les bouleversements de comportements que constitue l'utilisation d'Internet.
Il est bien évident qu'à plus ou moins court terme, avec l'apparition et la démocratisation des Espaces Numériques de Travail (ENT), le modèle économique du manuel scolaire papier aura rapidement du plomb dans l'aile. La preuve en est de la désaffection progressive des encyclopédies numériques au format CD ou DVD, au profit des encyclopédies en ligne (souvent gratuites, régulièrement mises à jour et à fortiori collaboratives comme Wikipédia, aujourd'hui incontournable malgré les polémiques).

L'évolution de la demande institutionnelle participe également de cette tendance : l'apparition de l'étude de la littérature au cycle 3 puis au cycle 2, l'enseignement des langues vivantes, des TICE, nécessite toujours plus de matériels pédagogiques différenciés malgré des budgets de classe qui n'augmentent que très peu d'années en années. Conséquence : les frais d'édition augmentent pour des retours sur investissement qui ne sont plus obligatoirement aussi juteux.

Les éditeurs sont donc obligés sous peine d'être rapidement évincés de la scène pédagogique, de s'intéresser au rouleau compresseur Internet.
Mais leur présence reste particulièrement frileuse si l'on tient compte du marché pharaonique que constitue l'Education Nationale. Ainsi leurs sites ne sont souvent qu'une vitrine de leurs activités traditionnelles de vente de papier. La culture numérique reste désespérément absente des rayons.

Un exemple ?
A l'heure ou les envois de spécimen dans les écoles se comptent sur les doigts d'une main, pourquoi ne trouve-t-on pas ceci sur les sites ? :

Document [ecole-primaire.org] n° 95
Tournez simplement les pages avec votre souris...

Pour visionner le livre, vous avez besoin de Flash player.

Nous pouvons le faire avec nos moyens et compétences limités (c'est d'ailleurs peut-être ce que nous mettrons en place dans un avenir plus ou moins proche pour vous proposer un aperçu de nos documents), alors pourquoi pas eux ?
Les technologies existent, il ne reste plus que la volonté.

Au lieu de cela, les actes restent beaucoup plus artisanaux.
C'est le cas encore tout frais d'une nouvelle tentative d'infiltration de notre forum. La technique est simple : une inscription, une acceptation de la charte d'utilisation, et un message d'une institutrice qui vante les mérites d'un produit commercial, en précisant bien tous les avantages du produit...
Cette fois c'est la prestigieuse maison SEDRAP qui s'offre le luxe par l'intermédiaire d'une chargée de com ou d'une attachée commerciale, de transgresser les règles (non respect de la charte du forum) et la loi (usurpation d'identité, publicité déguisée).
La tentative est particulièrement grossière cette fois mais ce n'est pas une première.
Pour détecter ce genre d'intrusion, quelques clés de lecture s'imposent :
- message philanthropique dès le premier post, vantant les bienfaits d'un produit
- plus d'interventions sur le forum par la suite
- contenu du post sujet à questionnement quant à la connaissance de la profession
- maladresses diverses permettant de soupçonner la supercherie -> pseudo : eva31, siège social de la société à... Toulouse (31)..., posts identiques dans d'autres forums aux activités semblables...

Sachez lire entre les lignes, ça pourra vous éviter de passer pour les gogos dont on semble vouloir nous faire endosser l'habit.

Nous ne sommes pas hostiles à des accords de partenariats mais nous refusons fermement de nous faire utiliser ou manipuler.
Nous sommes lassés de ces agissements, et les utilisateurs du forum également. Et il semble que ces pratiques soient courantes puisques d'autres forums dans d'autres domaines sont touchés (chercher "publicité déguisée" dans Google).
Non, Internet n'est pas une planète anarchique ou tout le monde fait ce qu'il veut sans se soucier des règles élémentaires de la vie "réelle" !
C'est pourquoi désormais, nous citerons nommément et systématiquement les sociétés qui feront usage de telles pratiques sur le site, pour leur faire magnanimement cadeau d'une contre-publicité gratuite.
A bon entendeur...

Une autre question nous taraudait depuis bien longtemps.
Particulièrement attachés aux respects des droits d'auteur, nous nous imposons de n'utiliser dans nos documents que des contenus originaux, ou desquels nous aurions acquis les droits.
Or sur certains sites très fréquentés, sont repris des éléments de manuels ou de fichiers d'éditeurs sans que ceux-ci ne manifestent la moindre réaction hostile.
Y'aurait-il donc une grande bienveillance désintéressée vis à vis de la communauté éducative ?
Et bien non pas du tout. Nous savons aujourd'hui que cela fait tout simplement partie des cyber-activités souterraines desdits éditeurs qui "observent" les pratiques des utilisateurs. Une simple stratégie permettant d'observer une communauté très ciblée sans utiliser un canal officiel.
Peut-être pour se préparer à la plongée et éviter l'hydrocution quand ils oseront enfin se jeter dans le grand bain...

Le Père Noël ne passera pas cette année
Mercredi 6 février 2008

Et voilà.
Gracieusement nous obtenons une revalorisation de nos salaires de 0,5% (brut évidemment, il ne faut quand même pas exagérer).

Malgré la tentative d'embrouille d'E. Woerth et de son acolyte le comique A. Santini, qui veulent faire croire à 3,7% en mélangeant sciemment hausse du point et augmentation de la masse salariale (laquelle tient compte de l'évolution "normale" des salaires : ancienneté notamment), c'est bien de 0,5% que sera relevée la valeur du point d'indice.
L'opération Pièces Jaunes est donc relancée, mais cette année en plus des hôpitaux tous les fonctionnaires en bénéficieront, et ce sont bien quelques piécettes supplémentaires qui tomberont cette année dans votre porte-monnaie.
Ou du moins qui devraient...
Parce qu'avec une inflation de 1,8%, le solde restera bien évidemment encore une fois négatif.
En réalité votre pouvoir d'achat ne diminuera que de 1,3%, le calcul est simple.

Quoi qu'il en soit il semblerait que la corde des enseignants du premier degré soit particulièrement solide, parce qu'à force de tirer dessus toujours plus fort, elle aurait du rompre depuis bien longtemps.

Faisons le bilan des annonces gouvernementales successives, destinées à augmenter les salaires, et qui concernent les enseignants de l'Education Nationale :
- Les heures supplémentaires -> quel moyen avons-nous concrètement pour faire des heures supplémentaires quand il n'est pas possible de comptabiliser notre temps réel de travail ? Les heures sup existent dans le second degré mais sont marginales dans le premier degré (heures péri-éducatives rémunérées...)
Conclusion : pas concernés
- Rachat des RTT -> des quoi ??? des RTT ?? C'est bien les trucs dont tout le monde parle et dont on n'a pas vu l'ombre d'une équivalence, non ?. Peut-être pourra-t-on bientôt faire monétiser nos congés si on continue de venir à l'école pendant que nos élèves seront en vacances ?
Conclusion : pas concernés
- La monétisation des comptes épargne-temps -> encore une bête qu'on ne connaît pas.
Conclusion : pas concernés
- Revalorisation des primes -> évidemment ça évite d'augmenter les salaires de base, mais manque de chance on n'a pas non plus de prime !!! La seule prime que nous aurions vue sur des fiches de paie du prof d'école lambda, c'est la fameuse prime ZEP qui à priori ne sera pas revalorisée (hé oui, elle est forfaitaire et non assujettie au point d'indice).
Conclusion : pas concernés

Force est de constater que le salaire d'un enseignant du premier degré est pour la grande majorité d'entre nous constitué UNIQUEMENT du traitement brut (regardez la colonne "à payer" de votre bulletin de paie, il n'y a que ça !), lui-même calculé sur... le point d'indice.
Si nous faisons un rapide calcul concernant un professeur d'école au 5ème échelon avec un traitement brut de 1990 €, l'augmentation correspond donc à moins de 10 € bruts soit environ 8 € nets mensuels.
C'est ce qu'on appelle un pouvoir d'achat en nette amélioration en termes politiques.

La mesure va coûter 354 millions d'euros.
En comparaison, et avec un raisonnement simpliste et néanmoins assumé, les 15 000 millions distribués cet été au titre du fameux "paquet fiscal", auraient généré une augmentation du point de... 21% !
Mais probablement vaut-il mieux redistribuer 300 000 € à un seul foyer et en moyenne 70 € à 5 millions d'autres, ça semble bien plus équitable...

Alors continuons à faire des grèves de un jour ! Si ça ne sert à rien pour nous, en tout cas ça a l'avantage de bien faire marrer les membres du conseil des ministres...

[Erratum : l'inflation 2007 s'établit à 2,6% et pas 1,8% comme mentionné dans le texte]

Source :
http://www.lefigaro.fr/economie/2008/02/05/04001-20080205ARTFIG00521...

Votre horoscope pour 2008
Vendredi 4 janvier 2008

Traditionnellement, les débuts de nouvelle année sont sujets à la parution d’horoscopes divers et variés. Nous vous proposons donc quelques « prédictions » dont la probabilité de réalisation sera proche de 100%.

Si vous êtes enseignants du premier décan (ou degré) ascendant pédagogue, parions que l’année 2008 sera riche de changements dans votre vie professionnelle.
La planète « Docras » positionnée dans la maison de « l’EducNat », en conjonction avec « Sarcod » dans la maison de « l’Elys » favorisera les tensions.

La commission Pochard est déjà sur le pied de guerre et réfléchit pour vous sur le métier d’enseignant.
http://www.education.gouv.fr/pid495/commission-sur-evolution-metier-enseignant.html

Plus en détail, voici quelques évènements qui vous attendent dans les mois à venir.

De grands changements dans votre emploi du temps sont à prévoir avec la suppression de 2h00 d’enseignement hebdomadaires.
http://www.education.gouv.fr/cid5612/ecole-suppression-des-cours-du-samedi-matin.html
Ne vous réjouissez pas trop, ces heures réapparaîtront sous une forme ou sous une autre. Heures de soutien, cours de rattrapage, stage de mise à niveau voire distribution de poires, pêches, melons (http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion0846.asp)... les paris sont ouverts !

Si vous êtes en maternelle, ne pensez pas passer au travers des mailles.
M. Bentolila (éclipsé par Carla Bruni dans l’actualité) réfléchit pour vous. Son rapport n’ayant pas eu l’écho médiatique espéré, il en remet une couche via un article paru dans Le Monde : http://www.profencampagne.com/article-14814172.html. Il est vrai que la politique urbaine de ces 40 dernières années est à l’origine de bien des maux. Effectivement, le chômage et la précarité ont pu changer bien des paramètres. L’accès à la culture, le prix des livres (oh, pouvoir d’achat !), des musées (dont les subventions se réduisent), l’explosion des familles monoparentales... Mais restons objectifs, il faudra sérieusement vous mettre au boulot et repenser votre enseignement (30 minutes par semaine d’après le rapport !!! Hou, les vilains profs !).

Si vous êtes étudiants, il est fort possible qu’on vous demande de donner des cours de langue orale le soir à domicile. Dans ce cas, n’espérez pas discuter de « la dernière exclusion de la Ferme des célébrités ou de la Star Académy », mais plutôt de l’intertextualité dans l’œuvre de Perrault ou autre joyeusetés du même acabit. Une liste de livres (une de plus), précise, vous sera fournie par des gens sérieux.
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/docsjoints/Bento-mater.pdf

Sinon, il faudra aussi envisager de réduire un certain nombre d’heures d’enseignements (Découvrir le monde ? Education musicale ? Au choix ?) et en ajouter d’autres (EPS ?). Mais quoi qu’il en soit, pas d’inquiétude. Des instructions officielles avec de nouveaux nouveaux nouveaux programmes (ou nouveaux nouveaux nouveaux nouveaux ? On s’y perd à force !) seront à votre disposition... à la Fnac à partir de mai (11,31 euros sur vos deniers personnels, Edition Xo).
De toute façon, qui lit encore les I.O. au rythme où elles s’enchaînent ?

http://www.education.gouv.fr/cid20637/programme-de-travail2007-2008.html
Votre métier va donc changer mais heureusement vos élèves ne seront plus les mêmes. Il est fort probable qu’une suppression de la carte scolaire entraîne de grands changements. Mais rien ne vous atteindra. Ni la réduction de votre pouvoir d’achat (peu voire pas d’augmentation contrairement aux annonces, contre 3% d’inflation), ni l’augmentation des effectifs due aux suppressions de postes (sauf pour les bienheureux en ZEP qui auront la chance de voir leur classe s’alléger… des meilleurs éléments qui partiront vers d’autres écoles), ni l’accueil obligatoire des élèves les jours de grève, ni la publication sur Internet des résultats de votre école et tout l’amalgame qui peut en être fait, ni l’augmentation de nombre d’heures obligatoires d’accueil des parents...

Car vous êtes des privilégiés !!!

Bonne et courageuse année 2008.
…Malgré tout !

Voeux 2008
Mercredi 2 janvier 2008

voeux2008